J'ai fait deux stages à l'étranger

J’ai fait deux stages à l’étranger

Fiche guillaume
PARTIR
, c’est notre cycle de portraits sur le thème des expériences à l’étranger. Pourquoi sont-ils partis ? Comment sont-ils revenus ? Comment a évolué leur projet ? Nous leurs avons posé ces questions lors d’entretiens que nous partageons avec vous aujourd’hui.

Guillaume en a un peu marre de Paris, il aimerait bien aller voir ailleurs. D’ailleurs, c’est ce qu’il a fait à deux reprises en choisissant de faire ses stages à l’étranger. Il nous raconte ses expériences à Londres et en Californie.

Comment sont nés ces deux projets ?

C’est deux stages, donc ils sont nés dans le cadre de mes études. J’avais envie de faire mes stages à l’étranger pour aller voir un peu comment ça pouvait se passer, découvrir d’autres cultures…  Et surtout améliorer mon anglais.

J’avais aussi envie de partir parce que je savais que j’allais en sortir grandi, que j’allais gagner en maturité.

Tu es parti où ?

Mon premier stage, c’était trois mois en Californie, à San Diego. Un dépaysement total, c’était mon premier voyage seul ! Vraiment seul, avec juste une valise, à l’autre bout du monde. Et sur place, je travaillais dans une auberge de jeunesse.

Et mon deuxième stage c’était à Londres, dans une start-up française.

 


“Je pense que c’était le moment opportun. J’étais prêt à partir, et en plus de ça, j’avais la possibilité de le faire”


 

Pourquoi ces deux villes/pays ?

La Californie, c’était pas un choix précis. J’avais envie d’aller aux Etats-Unis, et je pense que c’était le moment opportun. J’étais prêt à partir, et en plus de ça, j’avais la possibilité de le faire pendant mes études. Donc j’ai atterri à San Diego, et ça s’est fait un peu par hasard. Contrairement à Londres où j’ai vraiment choisi d’aller. J’avais vraiment envie d’avoir une expérience là-bas.

Tu as eu besoin de quoi pour aller faire tes deux stages ?

La Californie, c’était un peu « border-line » comme situation. En gros j’étais logé et nourri, mais pas payé. Donc si tu veux, là j’avais juste besoin de l’ESTA, c’est le visa de tourisme. Mais attention c’est trois mois maximum et pas un jour de plus. Il faut avoir un peu d’argent aussi, déjà quand tu pars comme ça il en faut, mais là précisément il en faut d’autant plus puisque tu n’as pas de salaire pendant trois mois. En tout cas ce qui est bien c’est que j’ai pas eu à trouver un logement.

Et pour Londres, à l’époque les Anglais ne sortaient pas de l’UE [Rires], tu n’as besoin de rien, juste ton passeport. J’ai simplement ouvert un compte en banque parce qu’il me fallait un compte anglais pour le salaire. Pas besoin de permis de travail, rien du tout… Simplement un logement.

Ces deux stages, tu devais obligatoirement les faire à l’étranger ?

Le premier oui. Comme c’était une école internationale, on devait obligatoirement faire notre premier stage à l’étranger… Mais Londres c’est moi qui ait choisi.

 


« A certains moments, il faut prendre un peu sur soi,
et il faut avoir un peu confiance en soi aussi. »


 

Tu étais accompagné un peu par ton école pour les démarches ?

Pour le premier stage, très brièvement, ils nous ont donné quelques pistes.

Et ensuite, je me suis vraiment débrouillé tout seul. Donc tu dois commencer par chercher un stage. Et c’est dur, surtout à Londres. Tu passes des entretiens en anglais, en français … Puis tu dois chercher un logement. Moi en arrivant je savais pas où j’allais dormir  ! [Rires] Donc à certains moments, il faut prendre un peu sur soi, et il faut avoir un peu confiance en soi aussi. Mais si t’es un peu démerde et que t’as un minimum de maturité, tu t’en sors.

C’était comment l’ambiance ?

Ce que je retiens des deux, c’est une différence de mentalité avec Paris.

La Californie c’est cool : c’est soleil, plage, surf. C’est très “peace”, les gens sont cools, pas de pression… Il y a aussi une mentalité très sportive, vegan, très “saine”, avec un vrai culte du corps. Et des clichés franchement dingues parfois : tu vois les gens bodybuildés avec leur chihuahua ? C’est pas que dans les films. Mais je pense pas que ce soit le vrai visage des Etats-Unis. C’est à dire que les choses semblent vraiment trop simples …

Et Londres, c’est une super ville ! Cosmopolite, une mentalité vraiment différente qui m’a beaucoup plu. Tu t’habilles comme tu veux, c’est plus cool, les gens sont plus attentionnés, ils parlent avec toi dans le métro, c’est moins pompeux que Paris. Mais attention il y a beaucoup de Français  ! [Rires]  Tu parles beaucoup français mine de rien.

Stage aux Etats Unis

Et il y a des choses un peu plus négatives qui t’ont marqué ?

C’est la cas dans beaucoup d’endroits, et c’est aussi quelque chose que je retiens de mes deux expériences : l’importance de l’argent.

Londres, c’est hors de prix, c’est extrêmement cher. Pour te donner une idée, le pass pour le métro, c’est 250€. Et pour se loger c’est l’horreur : je payais 700€ pour un lit dans une chambre de 4. Alors oui, j’étais à Paddington, c’est un super quartier, j’étais dans le centre et la contrepartie c’est que j’ai pu profiter vraiment de la vie londonienne. Mais quand même, c’est démesuré.

Et à San Diego, il y a une fracture sociale flagrante. Si tu as de l’argent, tu vis bien. Si tu n’en as pas assez, tu vis très très mal. Il y a vraiment peu d’entre-deux.

 


« J’ai besoin de m’ouvrir à d’autres cultures
et à d’autres modes de vie. »


 

Et partir comme ça, c’est une envie que tu avais avant ?

Non, je dirais plutôt que ça c’est présenté, et donc j’en ai profité. J’avais, et j’ai encore d’ailleurs, une petite tristesse de me dire que j’ai pas fait un an à l’étranger, que ce soit dans le cadre de mes études ou pas. Là, ce sont quand même deux expériences courtes, de deux fois 3 mois.. Partir plus longtemps ça m’aurait beaucoup plu.

C’est quelque chose que je garde en tête, de partir. Partir de Paris, partir de la France, aller rencontrer d’autres gens, d’autres mentalités. J’ai besoin de m’ouvrir à d’autres cultures et à d’autres modes de vie. Quand tu arrives sur 30 ans, même si c’est encore jeune, tu finis par te dire que c’est maintenant ou jamais en fait. Parce qu’il faut être dans des conditions où tu as la possibilité de partir… J’espère vraiment que c’est quelque chose que je ferai. Mais ce serait peut être moins aventurier que mes stages, dans le sens où j’assurerais peut être un peu de sécurité.  

Dans quel état d’esprit t’es parti ?

Ah les Etats-Unis j’étais stressé ! [Rires] Tu pars loin, avec ta valise, t’as 23 ans, tu sais pas où tu vas atterrir, comment ça va être sur place, si tu vas réussir à rencontrer des gens … Parce que personne t’attend, puisque tu pars tout seul ! Alors tu fais genre que tout va bien devant tes parents, mais en fait c’est affreux ! [Rires] L’escale à Washington, je me souviens, c’était 5 heures et crois moi tu as le temps de cogiter … ! En plus la première nuit j’avais nulle part où dormir, c’est une copine de ma promo qui a appelé en urgence quelqu’un qu’elle connaissait et qui m’a hébergé une nuit. C’était vraiment l’aventure …

Londres c’était différent. J’étais stressé mais c’est différent déjà parce que c’est moins loin. J’avais déjà le stage, mais j’avais pas de logement. C’était très stressant pour mes parents mais moins pour moi … Enfin si, le petit stress d’arriver dans une ville que tu ne connais pas en étant tout seul, avec des choses à gérer d’emblée. Mais en même temps je regrette absolument pas.

Dans quel état d’esprit tu es rentré ?

Quand j’étais aux Etats-Unis, j’étais content de rentrer. J’ai presque couru pour prendre l’avion ! [Rires] Pourtant j’ai rencontré des gens extraordinaires … J’ai une très bonne amie aujourd’hui que j’avais rencontré là bas et avec qui je suis encore en contact. Mais j’étais content de rentrer, de revoir ma famille, surtout parce que je me voyais pas du tout y vivre.

Londres par contre, j’étais très triste. J’ai vraiment adoré, je me sentais chez moi. Je voulais rester, et le seul frein c’était l’argent…  Parce que j’ai adoré les gens, la mentalité, la ville en elle même. Londres, j’aimerais y vivre, ce serait un rêve d’y vivre, mais c’est pas possible. Donc oui, ça m’a rendu très triste de rentrer.

Et si c’était à refaire ?

Si c’était à refaire, je le referai. Mais avec un peu plus de maturité peut être  [Rires], je partirai peut être plus les mains dans les poches comme ça !

A San Diego, je devais voir avec l’auberge pour le boulot le lendemain de mon arrivée, mais ils auraient pu ne plus avoir besoin de moi. Et donc le soir même en arrivant, je me suis dit “Je sais pas ce qui m’attend là, donc ça se trouve, demain j’appelle ma mère pour lui dire que je reprends un avion et que je rentre”. Et à Londres j’avais un contrat, mais pas de logement …

Avec le recul, qu’est ce que ça t’as apporté ?

Je parle couramment anglais donc mission accomplie. [Rires] C’est marrant parce que, ce que ça m’a apporté, c’est un peu à double tranchant. Aujourd’hui, j’ai moins l’insouciance de me dire “allez j’y vais, je m’en vais”. J’ai gagné en maturité, beaucoup. Mais la contrepartie c’est que ce que j’ai fait, je ne le referai pas aussi facilement, aussi spontanément.

 


« Pour avoir le sentiment d’être accompli dans le futur,
il faut que je reparte. »


 

Tes prochains projets ?

Partir un an à Montréal, ce serait super ! C’est vraiment un objectif que j’ai là, pour avoir le sentiment d’être accompli dans le futur, il faut que je reparte, il faut que je me fixe ce challenge.

J’aimerais voyager beaucoup plus aussi… !


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A très bientôt,
Les Deux du Bazar

Psst : les photos de cet article appartiennent à Guillaume


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