J’ai tout quitté pour la Nouvelle-Zélande

PARTIR, c’est notre cycle de portraits sur le thème des expériences à l’étranger. Pourquoi sont-ils partis ? Comment sont-ils revenus ? Comment a évolué leur projet ? Nous leurs avons posé ces questions lors d’entretiens que nous partageons avec vous aujourd’hui.

En 2017, Elodie quitte Paris, son travail et ses proches pour réaliser son rêve de toujours : s’installer en Nouvelle-Zélande.

COMMENT EST NÉ TON PROJET ?

Mon projet est né à la suite d’un voyage… Tout a commencé quand mes parents ont eu l’opportunité de nous faire découvrir la Nouvelle-Zélande en 2001 à mon frère et moi. Ce voyage a semé une petite graine dans mon esprit, un rêve de revenir dans le pays pour en voir d’avantage, de rester de longues vacances, ou encore de faire une année là-bas avec l’opportunité de m’y installer …  Et c’est ce qu’il s’est passé !

Mes parents m’ont transmis le virus du voyage et ce voyage a été un coup de coeur. Les gens étaient gentils, je découvrais une autre culture (celle des Pakehas et des Maoris), de nouveaux paysages … Les kiwis sont souvent étonnés de savoir que je veux rester ici, moi, la parisienne. On ne peut juste pas expliquer les coups de coeur et la Nouvelle-Zélande en a été un !

 


“Rien ne prépare réellement au chamboulement
de toute une vie.”


 

Portrait Elodie j'ai tout quitté pour la nouvelle zelande

COMMENT TU T’ES PRÉPARÉE ?

Rien ne prépare réellement au chamboulement de toute une vie. On peut essayer d’atténuer ces changements en se préparant concrètement étape par étape, mais il n’y a pas de liste exhaustive, chaque cas est unique. On glane les informations sur les blogs, les sites internets officiels, les forums… C’est un vrai travail de fourmis.

J’ai fini par avoir une liste de choses à faire avant le départ : le rendez-vous à la banque, les recherches d’assurances, le visa, les billets d’avions… Il faut aussi avoir LA discussion avec son patron et démissionner, dire au revoir à tous ses proches, famille et amis.

Au-delà de ces éléments je devais aussi me préparer psychologiquement au changement. Je savais pertinemment que tout allait changer. J’ai découvert la Nouvelle-Zélande avec mes yeux d’enfant de 10 ans et j’allais la redécouvrir avec mes yeux de jeune femme. Le changement et le choc était inévitable.

TU ES PARTIE AVEC QUELLE IDÉE ?

Je suis partie avec l’idée de m’installer à long terme en Nouvelle-Zélande. Pas d’idées précises de la ville ou de l’île. Je voulais juste partir dans ce nouveau pays, m’y installer et y rester. Un projet plutôt simple sur le papier mais un peu plus compliqué à réaliser…

En 2017, Elodie quitte Paris, son travail et ses proches pour réaliser son rêve de toujours: s’installer en Nouvelle-Zélande.

ET DANS LES FAITS, ÇA SE PASSE COMMENT ?

Dans les faits ça a été plus compliqué. J’ai dû faire face à plusieurs barrières … Le logement, ça peut être quitte ou double, ce n’est pas comme en France, les logements sont très souvent sales. D’ailleurs ils sont aussi très mals isolés, la moquette est de rigueur pour ne pas geler l’hiver…

Au niveau de l’emploi, là encore c’est compliqué. La barrière de la langue est bien présente et peu importe ton niveau d’anglais actuel. Dans ma filière (la communication) on se doit d’avoir un niveau d’anglais parfait. Les entreprises sont très frileuses à l’idée d’embaucher un étranger qui ne serait pas productif tout de suite, elles ne laissent d’ailleurs pas la place à l’erreur et parfois même pas à l’essai.

Tout est une question de timing. On peut ne pas avoir vécu les mêmes expériences que moi et avoir eu des opportunités tout de suite, ou alors en avoir aucune et être obligé de repartir…

 


“Avant le départ, il n’y a pas de sentiment prédominant, je me souviens d’un grand mélange d’émotions”


 

Portrait Elodie j'ai tout quitté pour vivre en nouvelle zelande

DANS QUEL ÉTAT D’ESPRIT TU ES PARTIE ?

Avant le départ, il n’y a pas vraiment de sentiment prédominant, je me souviens d’un mélange d’émotions : la tristesse de laisser la famille et les amis, l’impatience de confronter mes souvenirs d’enfance, l’appréhension de ne pas savoir ce que j’allais trouver en Nouvelle-Zélande, la crainte de faire une erreur, bref la peur de l’inconnu en somme. Mais surtout, il ne faut pas oublier le sentiment de liberté d’enfin tout lâcher et de pouvoir penser à soi, l’impatience d’arriver déjà en terre inconnue/connue, la joie de commencer à réaliser son rêve, son projet …

Une fois dans l’avion je me suis dit “ça y est … j’y suis, je suis en train de le faire ….” On est à la fois prêt et en même temps on ne l’est jamais assez, surtout quand on ne sait pas si on va revenir dans son pays d’origine.

AUJOURD’HUI, TU EN ES OU ?

Aujourd’hui, après 1 an sur place, je suis enfin en train de vivre la vie que je voulais vivre en arrivant. Enfin j’y suis presque, il me manque le travail dans ma filière … Les prochaines étapes sont de trouver un travail dans ma filière mais aussi d’allonger mon visa.

Et en même temps, je sens aussi que mon projet a évolué. Il n’est plus forcément question de rester ici ad vitam æternam mais quelques années afin d’avoir une expérience valorisante, que ce soit dans ma vie personnelle comme dans ma vie professionnelle.

QU’EST CE QUI EST LE PLUS STRESSANT DANS UN PROJET COMME LE TIENS ?

C’est toujours la course contre la montre, il y a une deadline à respecter. Si tu n’arrives pas à créer ta vie a temps c’est retour à la case départ. Une sorte de petite mort, tu as failli à ton projet… Et en même temps, quoi qu’il arrive, tu en sors grandi… Ca peut aussi être le début d’une nouvelle aventure, d’un nouveau projet, mais ailleurs !

EST CE QUE TU IMAGINES UN RETOUR EN FRANCE ?

Pour le moment je n’imagine pas de retour en France, sauf en cas de force majeur (problèmes familiaux…). Si je dois partir de la Nouvelle-Zélande je n’exclu pas de voyager ou d’essayer de m’installer ailleurs mais je souhaite vraiment me donner une chance ici.

 


“A l’autre bout du monde, les liens qui se créent sont encore plus forts”


 

Portrait : j'ai tout quitté pour vivre en Nouvelle Zelande

J’IMAGINE QUE PARTIR COMME CA, CA FAVORISE LES BELLES RENCONTRES ?

Chaque voyage, amène son lot de rencontres. Partant seule, les rencontres sont plus simples. Elles sont aussi joyeuses que douloureuses, éphémères ou durables… ces dualités accompagnent chaque rencontre.

A l’autre bout du monde, les liens qui se créent entre expatriés sont encore plus fort. On peut parler très rapidement de famille, on se construit tous ensemble, en même temps parfois avec la même vision du futur, celle de rester plusieurs années en Nouvelle-Zélande.

Un chose est sûre : chaque rencontre est unique et change ton expérience.

TU EN AS PROFITÉ POUR VOIR UN PEU DU PAYS ?

Il faudrait être fou pour ne pas profiter de voyager alors que nous sommes dans un pays différent, à l’autre bout du monde ! Dès que j’ai un peu de temps je prévois une excursion. Il y a tellement de choses à découvrir, de randonnées à faire, de plages sur lesquelles faire bronzette…

Il faut sauter sur toutes les occasions possible pour explorer, même prévoir des vacances dans les pays aux alentours. Ce n’est pas parce qu’on est à l’autre bout du monde que nous sommes constamment en vacances, il faut aussi savoir se relaxer !

ET LE QUOTIDIEN SUR PLACE, C’EST COMMENT ?

C’est un pays occidental avec un énorme mélange de population. Une forte influence asiatique, indienne des îles alentours (Fidji, Samoa …) mais aussi maori. Cette dernière est de plus en plus forte et acceptée après avoir été exclue pendant des années…

De manière générale tout est plus lent ici et il faut l’accepter et apprendre à vivre avec. Je me sens beaucoup plus en sécurité ici qu’à Paris et je donne beaucoup plus rapidement ma confiance aux gens qui m’entourent. Il y a de la criminalité en Nouvelle-Zélande aussi, mais je la ressens beaucoup moins qu’en France. Au niveau de l’offre culturelle, venant de Paris j’ai l’impression qu’il me manque quelque chose mais on ne peut pas tout avoir. Je ne suis pas totalement dépaysée par ce que je vois et ce que je vis, mais j’en apprends toujours plus sur les cultures de notre monde.

ET SI C’ÉTAIT À REFAIRE ?

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A très bientôt,
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Psst : toutes les photos illustrant cet article appartiennent à Elodie.


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